Des faits incontournables

La nouvelle mesure fiscale belge en faveur du cinéma est une occasion extraordinaire pour les producteurs de compléter leur budget ou de l’augmenter. Si elle est appliquée de façon appropriée et correcte, tout le monde en tirera des avantages.

Mais les producteurs ne doivent pas penser qu’ils s’agit de la poule aux œufs d’or. Cette mesure incitative autorise une contribution des investisseurs belges équivalente à 50% du budget, ce qui ne représente pas 50% d’argent comptant disponible. Loin de là.

Tout d’abord, la part des investisseurs se répartit entre une participation (argent réellement disponible - 60% du montant investi), et un prêt (40% du montant investi). Le producteur doit rembourser le prêt aux investisseurs à partir à l’évidence des préventes ou d’autres revenus du film. Ce serait donc erroné de considérer la part de prêt comme un véritable investissement, il s’agit seulement d’un élément de cash flow qui est en soi très appréciable.

L’investisseur voudra avoir la garantie de récupérer son prêt augmenté d’un petit intérêt. Sinon, quelle raison aurait-il d’investir ? Si le risque est trop grand, ce serait plus intéressant pour lui, d’un point de vue financier, de payer normalement des impôts. Peloton Pictures veut déterminer la structure de financement de façon à motiver les investisseurs à confier leur argent, parce que le risque sera minimum et le potentiel de profit réaliste.

De plus, les producteurs doivent prendre conscience du fait qu’en dehors du prêt des investisseurs et de son intérêt, ils devront également rémunérer le rôle d’intermédiaire de la banque ainsi que l’engagement de Peloton Pictures.

Il ne serait pas raisonnable d’attribuer un chiffre définitif à la valeur de la mesure fiscale belge. Il y a plusieurs façons de définir la structure de financement. Les films aux budgets les plus modestes augmentent leurs chances en obtenant un pourcentage supérieur de participation. Par contre, pour les films plus importants, les préventes légitimes sont plus intéressantes.

De plus, il vaut mieux dans de nombreux cas que la participation des investisseurs belges soit inférieure à 50%. Ainsi, l’obligation de dépenses en Belgique, qui est actuellement de 150% de la part de participation, serait diminuée.

Pour que les producteurs bénéficient au maximum de la mesure fiscale belge, il faut qu’au moins 55 - 60% de l’argent disponible de leur budget provienne d’autres sources de financement et encore 25 - 30% de préventes sûres et légitimes accordées entièrement à des investisseurs belges. Un producteur qui disposerait d’un financement inférieur ne pourra probablement pas bénéficier de cette mesure incitative, du moins pas par l’intermédiaire de Peloton Pictures.

Encore une fois, pour certains films il vaut mieux que la part de participation soit supérieure et celle des préventes inférieure. Et la situation change du tout au tout lorsque le producteur ne compte pas sur les investisseurs pour obtenir le montant maximum.

Peloton Pictures va faire tout son possible pour obtenir les meilleures conditions pour chacun. Nous voulons que les films se réalisent. Mais pour que nous puissions soutenir un projet, il faudra d’abord que le producteur se soit lui-même assuré d’une solide base de financement.